Dominic Lamontagne

Co-propriétaire
En Pleine Gueule
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Après avoir tenu un bistrot à Montréal (Le Naked Lunch), puis dirigé une entreprise spécialisée dans les repas gastronomiques en conserve, ma famille et moi nous sommes installés à Sainte-Lucie-des-Laurentides en 2008, à «mille milles de toute terre habitée» (comme l’écrivait Saint-Exupéry) pour y bâtir une petite ferme vivrière. Nous achevions ainsi une remontée logique de la chaîne alimentaire, étant passés de passionnés de cuisine à restaurateurs, puis de restaurateurs à transformateurs et distributeurs, pour finalement considérer devenir agriculteurs artisanaux.

Les excellents résultats de nos premières expériences fermières m’ont rapidement amené à rêver d’une ferme polyvalente mise en valeur par un petit bistrot gastronomique, une brasserie de terroir, une conserverie artisanale et quelques activités éducatives connexes. Mais l’Union des producteurs agricoles (UPA)[1] et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) ont eu tôt fait de jeter une douche froide sur mes élans de grandeur, la première m’expliquant que la profession de producteur agricole avait été fermée au siècle dernier et le second, que la transformation alimentaire à la ferme ne pouvait se faire de manière artisanale.

Quelques recherches sommaires m’ont alors incité à passer de néophyte enthousiaste à sonneur d’alarme convaincu, incapable d’accepter qu’un art de faire et de vivre aussi précieux soit devenu la chasse gardée d’une poignée de roitelets et se soit transformé en opération productiviste industrielle tout aussi « minière » que l’exploitation des sables bitumineux de l’Ouest canadien.

Armé d’une conférence multimédia coup de gueule intitulée La ferme impossible, j’ai parcouru la province à la hâte pour partager mon indignation. À l’automne 2015, la conférence est devenue un essai du même titre chez Écosociété, essai qui a mené Marc Séguin et son équipe jusque chez moi en janvier 2016 pour le tournage de La ferme et son État.

Nos efforts se concentrent aujourd'hui sur la diffusion (ateliers, conférences, guides) de savoir-faire fermiers sous la bannière de notre entreprise EN PLEINE GUEULE dont la mission est de «Défendre une gastronomie engagée en militant pour l’émancipation de l'agriculture artisanale québécoise»

[1] L’UPA est une organisation  syndicale  professionnelle québécoise qui détient le monopole de représentation pour tous les agriculteurs québécois. 

  

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vendredi 2 novembre, 2018

16h00
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